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Édito Oct-Nov 2020

Jacques FAUCHER, référent prêtre de St Augustin


Se dire “Au revoir” !


La pandémie nous laisse pantois ! Nous entendons ces regrets, ces culpabilités : « Notre proche est mort tout seul ! Nous n'avons pas pu nous dire “Au revoir !” »

D'abord je voudrais rassurer : en EHPAD, en réanimation, en Soins palliatifs, les personnes ne sont pas seules ! Les soins ne sont pas que techniques, ou plutôt les soins techniques sont assurés par des humains, avec beaucoup d'humanité. J'entends bien que les visites sont réduites, parfois interdites. Mais les patients, les résidents, ne sont pas seuls, privés de toute relation humaine. Saluons les soignants et les responsables administratifs qui se sont mobilisés, qui se mobilisent, pour être présents aux personnes privées des visites de leur famille, de leurs proches, des bénévoles d'associations ou des équipes d'aumônerie ! Remercions tous ceux qui se mobilisent pour que toutes les visites possibles aient lieu !

Mais je voudrais revenir sur ce regret : « Nous n'avons pas pu nous dire “Au revoir !” » Pourquoi ne pas se dire “Au revoir !” tant qu'il est encore temps ? Sans vouloir nous accabler, quand nous quittons nos proches, chaque jour, nous ne savons pas si nous nous reverrons. Un accident, un AVC, peut survenir et nous laisser le sentiment de ne pas avoir dit : « Je t'aime ! Même si sur tel ou tel point nous ne sommes pas d'accord, voire en colère, Merci pour ce que nous vivons, partageons depuis parfois longtemps ! » Merci à notre proche de sa présence ! Merci à chacun de nos enfants d'être ce qu'il est, malgré tout Pardon pour ce mot très dur, cette impatience, cette infidélité Merci pour tant d'amour ! Merci à nos parents d'avoir essayé de nous faire grandir malgré leurs ratés, leurs insuffisances ! Bravo quand ils ont été bons ! Merci à nos enfants, nos proches, nos amis ! Comment leur dire combien ils comptent dans ma vie ? Combien je ne serais pas ce que je suis sans eux !

N'attendons pas que les personnes soient inconscientes pour leur rendre visite, leur téléphoner, envisager le sacrement des malades ou nous retrouver avec nos regrets de n'avoir pas pris le temps de nous dire combien nous nous aimons, combien nous sommes fiers les uns des autres, combien ce qui s'est passé à tel moment nous a blessé, réconforté ou fait grandir même si tout cela est accompagné de pleurs mêlés de plein d'émotions, de tristesse et de joie.

Savoir se dire “Au revoir !” ne fait pas mourir. Et d'ailleurs on est très content de “se revoir” ! Mais on s'est dit l'essentiel. Et si l'impensable se produit, on est apaisé car l'essentiel a été partagé. Il peut être partagé aussi avec les humains qui donnent les soins et peuvent être des relais de l'affection que nous portons à telle ou telle personne, de l'importance qu'elle a pour nous.

Voici une perspective pour s'expérimenter fratelli tutti, tous frères !

Bonne fête à tous les saints qui veillent sur leurs frères et sœurs !

Jacques FAUCHER, référent prêtre de St Augustin



FRATELLI-TUTTI illustration