Monseigneur Jean-Paul JAMES vous prie de trouver ci-dessous la lettre qu'il a adressée aux prêtres et diacres du diocèse. Il souhaite qu'elle soit également transmise aux autres responsables ecclésiaux.

Père Samuel Volta, Vicaire général

MONSEIGNEUR JEAN-PAUL JAMES
ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
EVÊQUE DE BAZAS

Bordeaux, le 12 novembre 2020,

Aux ministres ordonnés du diocèse de Bordeaux

Chers amis,


Mgr James 2020-11Dimanche prochain, des catholiques du diocèse ont décidé d'organiser une manifestation sur la place de la cathédrale. Cette manifestation veut réunir des personnes qui demandent la levée de l'interdiction des rassemblements dans les églises, en particulier le dimanche. Cette manifestation se déroule après la décision du Conseil d'Etat qui reconnait la liberté de culte comme un droit fondamental, mais qui ne revient pas sur les mesures prises par le gouvernement. Le Conseil d'Etat recommande toutefois de nouvelles rencontres entre les représentants des religions et le gouvernement français.

Des positions différentes dans notre Église


L'annonce de la manifestation suscite des réactions diverses entre nous. Il ne faut pas s'en étonner. La manifestation est-elle opportune ? Y-a-t-il risque de débordements, de violence ? L'ambiance générale est en effet très tendue. Certains estiment légitime de maintenir la pression sur le gouvernement pour signifier l'importance que nous attachons au rassemblement de la messe dominicale, surtout après l'épreuve des assassinats et des menaces dont notre communauté catholique est la cible. D'autres insistent sur la nécessité de participer à l'effort national pour enrayer la pandémie et rappellent la situation critique dans laquelle se trouvent les personnels de santé, ainsi que les risques encourus par des catégories de personnes plus fragiles. Les arguments des uns et des autres sont développés, argumentés, justifiés. Nous ministres ordonnés, avons bien évidemment et légitimement une opinion personnelle dans ce débat. Nous avons aussi une mission particulière du fait de notre ministère : ne pas opposer les personnes les unes contre les autres, éviter la division de la communauté catholique de Gironde. Nous sommes ministres de la communion, dans le respect les uns des autres, dans le respect de nos différences. Comme je l'ai déjà écrit dans la lettre aux responsables ecclésiaux, nous avons la chance d'un groupe fraternel de diacres, d'un collège fraternel de prêtres, tout en étant divers dans nos sensibilités et opinions.

Le Président de la Conférence Episcopale de France appelle notre communauté catholique, parfois déçue par la décision du Conseil d'Etat, à respecter cette décision. J'appuie son appel. Mgr de Moulins-Beaufort s'engage à garder le dialogue avec le gouvernement. L'enjeu du dialogue ce sont les semaines à venir, en particulier la fête de Noël. Une rencontre est envisagée dans le courant de la semaine prochaine.

Les communautés chrétiennes pendant le confinement.


Nous n'allons pas retrouver tout de suite la situation habituelle. Dans l'attente d'un retour à une vie normale de nos communautés, que pouvons-nous faire ?


1- Les églises sont ouvertes : il est possible, pour les catholiques, de venir y prier personnellement, de vivre des temps d'adoration eucharistique, de se confesser, etc. Il est simplement demandé qu'on ne suscite pas de rassemblements. Les liturgies domestiques sont possibles ; des familles en ont vu les fruits pour elles-mêmes lors du confinement précédent. A ce sujet, le service de la pastorale liturgique et sacramentelle fait des propositions très estimées au-delà de notre diocèse. Même si elles neconsolent pas de l'absence de la messe dominicale, « source et sommet » de notre foi, les propositions de retransmission de célébrations eucharistiques sont nombreuses. Rappelons « le Jour du Seigneur » sur France 2, la chaîne KTO et certaines retransmissions diocésaines ou locales, avec quelques prêtres, diacres, personnes laïques. Quand des personnes désirent le baptême pour leur enfant rapidement et pour des motifs fondés, quand des couples désirent célébrer le sacrement de mariage sans attendre trop, il est possible de le faire, en ne dépassant pas 6 personnes. Les sépultures peuvent être célébrées dans les églises avec une assemblée d'une trentaine de personnes qui respectent les gestes-barrières et les distances.

2- La catéchèse et l'aumônerie des jeunes sont possibles : des moyens sont donnés par les services diocésains pour que des enfants, des jeunes, seuls, en famille, ou grâce à des échanges par visioconférence, puissent se former et échanger. Les formations théologiques pour adultes, proposées par l'IPB sont aussi possibles par visioconférence ou d'autres moyens.

3- Les visites aux personnes isolées, malades, âgées sont possibles, ainsi que le fait de porter la communion ou de recevoir le sacrement de l'onction des malades, quand ces personnes sont chez elles ; ces visites sont possibles dans les établissements de santé pour les aumôniers et aumônières aux conditions que leur indique le service diocésain.

4- Le dimanche 15 novembre est la journée mondiale des pauvres. Dans ce temps de crise économique, la diaconie de l'Eglise revêt une grande importance. La distribution de repas, la distribution de nourriture sont encouragées : les personnes en situation d'extrême précarité sont plus nombreuses. Le souci de l'hébergement des personnes sans logement doit demeurer une préoccupation pour nous, à l'approche de l'hiver. Les gestes financiers pour soutenir ces frères et soeurs en difficulté sont nécessaires.

5- Les échanges avec les membres de nos paroisses, mouvements, aumôneries par mails, en téléphonant, ou en organisant des visioconférences prennent plus de relief, pour entretenir la fraternité, la communion fraternelle. Le communiqué de la CEF paru samedi dernier rappelle aussi que « Les ministres du culte peuvent continuer à recevoir des fidèles et à se rendre au domicile de ceux-ci comme dans les établissements dont ils sont aumôniers ».


Ministres ordonnés, nous vivons nos ministères dans un moment difficile. Nous sommes ministres de la communion ; nous sommes aussi toujours chargés de la diaconie, de l'annonce de l'Evangile, nous avons mission de fortifier dans la foi, de redire à temps et contretemps, la promesse du Christ : « Et moi, je suis avec vous tous les jours » (Mt 28, 20). Dans ces temps d'épreuve, nous avons l'assurance que « rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 39).

En profonde et fraternelle communion entre nous, prions pour notre diocèse, les habitants de notre région et de notre pays,

Mgr Jean-Paul James


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